Bien naître à Strasbourg. Une histoire de la petite enfance
Catalogue de l'exposition présentée, jusqu'au 20 juillet 2012, par les Archives municipales de Strasbourg
Quand l’enfant paraît, il concentre toute l’attention de ses parents mais également de la cité. En effet, la naissance, facteur d’accroissement démographique et donc de richesse, intéresse la vie de la communauté qui l’enregistre, l’accueille par des rituels, lui consacre une législation spécifique, crée des institutions spécialisées.
Strasbourg légifère dès le XVIe siècle sur celles qui doivent veiller aux accouchements, les sages-femmes. Au XVIIIe siècle, la ville est à la pointe de l’obstétrique européenne en créant la première école de sages femmes à l’initiative de Jean-Jacques Fried (1689-1769).
Mais si de tous temps, les bébés sont considérés comme des êtres innocents qui ont besoin de la protection de la société, ils sont aussi longtemps perçus, au mieux comme des adultes miniatures à l’espérance de vie précaire, au pire comme de simples tubes digestifs. Le fatalisme prédomine alors face à l’importante mortalité des nourrissons, souvent due à une mauvaise hygiène et à une alimentation inappropriée.
Il faut attendre le XIXe siècle pour que, progressivement, le monde médical découvre que les enfants ont une physiologie différente des adultes et des maladies qui leur sont propres. De nouvelles disciplines médicales font leur apparition comme la pédiatrie ou la puériculture. La société n’a alors de cesse de faire baisser la mortalité des nourrissons. Peu à peu, des structures dédiées au soin des enfants en bas âge sont mises en place, d’abord grâce à des initiatives privées, puis rapidement relayées par l’action municipale.
Les plus petits profitent ainsi de l’évolution générale des sociétés de l’ère industrielle où la médecine et l’hygiénisme se développent et conduisent à une rapide diminution de la mortalité infantile. Mais cette période engendre également des mutations sociales, notamment avec le développement du travail des femmes, ce qui suscite la mise en place de structures de garde, privées puis publiques, jusqu’à la scolarisation de l’enfant : les crèches.
La question démographique se pose de manière pressante après l’hécatombe de la Première Guerre mondiale. La France met alors en place les fondements d’une politique nataliste incluant système de garde des jeunes enfants, prestations sociales et valorisation des familles nombreuses qui sont encore les bases de la politique familiale de nos jours.
En vente aux Archives, 120 pages, 25 €.
Archives de la Ville et Communauté urbaine de Strasbourg
32 Route du Rhin, 67076 Strasbourg Cedex
Téléphone : 03 88 43 67 00, Fax : 03 88 43 67 01 ;
Courriel : archives@strasbourg.eu

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