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Entre symbole et réalité : l’arbre de la Liberté - par Christian Friedrich

Entre symbole et réalité : l’arbre de la Liberté

La Révolution Française enfanta de nombreux mythes et autant de rituels alliant folklore, croyances et légendes. Le peuple, fort des ses nouveaux droits, s’enivrait de liberté en chantant et en fêtant ces temps nouveaux. Une véritable mystique révolutionnaire s’instaura, composée de chansons et de célébrations. Nos aïeux retrouvaient là, intactes, les émotions des grandes heures de 1789. Entre autres traditions à haute teneur symbolique, les manifestations accompagnant les plantations des très populaires « arbres de la Liberté ». Elles continuèrent, au fi l du XIXe siècle et de ses révoltes, à susciter une frénésie certaine auprès de nos ancêtres. Événement festif et commémoratif de premier ordre, la plantation de ces arbres symbolisait l’émancipation et la maturité d’une société éprise de changement et de justice.


Nos ancêtres révolutionnaires, dès 1789, éprouvèrent très rapidement le besoin manifeste de matérialiser et de commémorer l’avènement des idées et des libertés nouvelles. Ainsi, de nombreuses municipalités organisèrent officiellement et en grandes pompes
la plantation « d’arbres de la Liberté », cérémonies solennelles accompagnées de cortèges, de retraites aux fl ambeaux et autres
réjouissances populaires, très prisées des Français. Le nouveau pouvoir républicain s’accapara, au point de la monopoliser, de l’ancienne coutume rurale, « l’arbre de mai », pour fêter et représenter matériellement la jeune République.
Bien souvent dressés sur les places des villes et des villages, les « arbres de la Liberté » prenaient également racines devant les presbytères ou les nobles demeures aristocratiques, manière comme une autre de signifier à ceux qui l’ignoraient encore, que l’ancien régime avait bel et bien périclité. Dans certaines régions, ces « arbres » prenaient la forme de perches ou de simples poteaux, de troncs rapidement élagués et plantés en terre, ornés de rubans, de bannières colorées, de bonnets phrygiens et de toute une panoplie d’emblèmes révolutionnaires. Il fallait ériger au plus haut et de manière ostentatoire l’ambition égalitaire du peuple français. D’autres régions donnèrent leur préférence à de véritables arbres, d’essences variées. Planter un arbre pérennisait dans la durée l’espérance des temps nouveaux tout en symbolisant la liberté de la nation. Les variétés de chênes, emblèmes incontournables de la force, ou peupliers, à la croissance rapide et élancée, symbole végétal de la liberté, s’implantèrent en de nombreux villages. Leur symbolique renforçait l’élan patriotique, égalitaire et fraternel de tout un pays. En effet, rien ne pouvait mieux évoquer la liesse populaire qui s’était
réveillée au printemps de la Révolution. Tel un arbre, l’allégresse française avait fané sous l’hiver monarchique des Bourbons et ressuscitait avec les beaux jours des États Généraux… L’espoir en des temps meilleurs renaissait enfi n, à l’image des bourgeons réapparaissant sous les rayons du renouveau printanier !
Bien évidemment, s’il ne résistait pas systématiquement à la plantation, « l’arbre de la Liberté » prenait néanmoins pied dans
la mythologie révolutionnaire !

LA PRESSE SE SAISIT DE L’ÉVÈNEMENT…
La presse s’empara rapidement de l’événement, contribuant ainsi à sa fulgurante popularité.
« Le Moniteur » du 25 mai 1790 évoqua le premier la cérémonie de Saint-Gaudent, près de Civray, entre Poitiers et Angoulême, dans le département de la Vienne. En effet, le journal, fort de sa nouvelle importance, relata la liturgie de la « plantation » et rapporta avec enthousiasme la ferveur patriotique accompagnant les coups de bêches citoyens du village viennois : la municipalité avait fait transporter un jeune chêne par les enfants du village vers la place principale où il fut érigé avec tous les honneurs dus à son rang.
Le curé de la paroisse, un certain Norbert Pressac de la Chagneraye, bénit l’arbuste et prononça une allocution enflammée concluant son discours en ces termes éloquents : « au pied de cet arbre, vous vous souviendrez que vous êtes Français, et dans votre vieillesse vous rappellerez à vos enfants l’époque mémorable où vous l’avez planté ! »
L’arbre de la Liberté, mis en terre ce jour-là semble bien être le premier à avoir été dressé dans un esprit allégorique et commémoratif. D’autres sources évoquent, quant à elles, l’arbre de Gahard, en Ille-et-Vilaine comme le premier véritable « arbre de la Liberté », puisque planté en terre le 16 février 1790 !

LA FÊTE POPULAIRE PREND UNE TOURNURE POLITIQUE
La mode gagna rapidement tout l’Hexagone, devenant prétexte à réjouissances et festivités. Proclamations ardentes, marches patriotiques, Carmagnole et Marseillaise entonnées par des dizaines de « sans-culottes », accompagnaient la mise en terre des baliveaux, sacralisés par le vaste mouvement révolutionnaire. En quelques années, des milliers d’arbres prirent racines dans nos villes, dans nos villages et quelquefois même, chez certains particuliers.
Louis XVI, avant son exécution, voulant faire bonne figure, fit planter un feuillu dans le jardin des Tuileries. Le phénomène prit rapidement une envergure politique, dépassant même nos frontières. L’exemple français faisait des émules en Suisse, en Belgique, ou encore en Allemagne. L’abbé Grégoire, ecclésiastique ayant épousé les causes révolutionnaires, évoqua l’année 1792, millésime historique couronné par la bataille de Valmy, où, pour défier « les tyrans européens », les communes françaises érigèrent un nombre incalculable d’arbres de la Liberté. Beaucoup virent dans la victoire française la concrétisation des ferventes dévotions liées à ce « culte » citoyen (qui n’est pas sans rappeler certaines pratiques plus ou moins païennes, voire druidiques).
La Convention, garante des acquis de 1789, et consciente de l’image et de la puissance emblématique du phénomène, décréta que « dans toutes les communes où l’Arbre de la Liberté avait péri, il en serait planté un autre avant le premier Germinal de l’An II. Elle confia cette plantation et son entretien aux soins des bons citoyens, afi n que dans chaque commune l’arbre fl eurisse sous l’égide de la liberté française ».
Il faut préciser que l’infl ation des mises en terre de ces arbres, qui avait présidé en ces temps bouleversés, nuisait à la qualité et aux normes habituelles d’une plantation : saisons défavorables, repiquages d’arbres sans racines, mauvais soins, etc. Sans parler du vandalisme. Plusieurs arbres furent abattus par les agissements de mouvements vendéens et autres opposants. Élagages politiques sans aucun doute ! Le phénomène prit de l’ampleur au point que les autorités durent chasser et condamner les coupables. Les royalistes, après l’exécution de Louis XVI, furent, eux aussi, sans pitié pour les arbustes révolutionnaires.
La plupart des premiers arbres plantés au début de la Révolution avaient donc péri ! Le sujet était, dans l’esprit de nos aïeux, suffisamment important pour être traité au sommet de l’État qui se devait d’agir face à cette « hécatombe » symbolique ! Il en allait du moral de la Nation. Il était hors de question que le cercueil de la révolte citoyenne fut construit du bois des Arbres de la Liberté ! Ainsi, des dizaines de contre-révolutionnaires furent condamnés à mort pour s’être livrés à des actes délictueux envers ces symboles républicains. Le Directoire renforça la répression au point de punir certains responsables municipaux accusés de laxisme et de manque de soins envers les plants. Le 25 Germinal de l’An IV, l’exécutif du pouvoir légiféra et souscrivit l’arrêté suivant : « informé que, dans plusieurs communes de la République, les Arbres de la Libertés ont été coupés, arrachés ou mutilés ; que les auteurs de ces délits sont évidemment des ennemis déclarés de la République, et que c’est par erreur que certains tribunaux ont, soit de leur propre mouvement, soit d’après des avertissements peu réfl échis, pensé qu’on ne devait les punir que de la peine déterminée par l’article 14 du titre II du décret du 27 septembre 1791 sur la Police Rurale, arrête que le ministre de la justice prendra les mesures nécessaires pour que les délits ci-dessus désignés soient poursuivis avec toute l’activité et punis avec toute la rigueur que prescrivent les lois portées contre toute espèce de crime contre-révolutionnaire et attentatoire à la liberté, à l’égalité et à la souveraineté du peuple français, et ce, nonobstant toute lettre ministérielle en instruction à ce contraire ».
L’affaire, après avoir revêtu une tournure politique, prenait une tournure pénale, dépassant de loin le cadre « correctionnel ».
Certaines municipalités, en mal d’image, organisèrent même des cérémonies d’inhumations, véritables funérailles, lorsque leur arbre était passé de vie à trépas, desséché naturellement ou par malveillance humaine. Marche funèbre, haie d’honneur et autres rites expiatoires accompagnaient alors l’ensevelissement ou la crémation du tronc abattu !
Dans la joie ou dans la peine, nos aïeux révolutionnaires ponctuaient leur humble vie sous les frondaisons de ces arbres, symboles sacrés de vie, d’espoir et de liberté.

L’EMPEREUR SUPPLANTE L’ARBRE DE LA LIBERTÉ, LES BOURBONS LE DÉRACINENT !
Peu à peu, l’opinion publique se désintéressa de ce rituel digne d’un paganisme effréné. L’enthousiasme des premiers temps avait fait place à l’indifférence. Il faut dire que Brumaire et son coup d’État étaient passés par là ! Napoléon, du haut de son Empire, monopolisait désormais toutes les pensées. L’Histoire avait bondi, une page était tournée. Le peuple négligea complètement les arbres de la Liberté, si choyés quelques années auparavant ; plus personne ne se souciait encore des symboles révolutionnaires, les impériaux s’y étant substitués…Les grands travaux de l’ère « Bonaparte », les restructurations urbaines puis les guerres napoléoniennes firent disparaître un grand nombre d’arbres révolutionnaires. Lorsque les Bourbons revinrent au pouvoir en 1814, il en restait néanmoins suffisamment pour que les nouveaux monarques s’empressent de les faire couper ou déraciner. Quelques rares exceptions échappèrent à l’éradication imposée par décret royal. Certains de ces « survivants », épineux, feuillus ou résineux, étaient encore debout en 1848, année de leur réhabilitation politique !

Mais revenons à la Restauration ! Louis XVIII, puis Charles X, reprirent les rênes du pays. Le climat social et économique se dégrada petit à petit. La monarchie mit tout en oeuvre pour influencer les élections de juillet 1830. Les barricades se levèrent ! Paris venait d’aborder « les Trois Glorieuses », révolution populaire
provoquant l’abdication du roi.
La France eut besoin d’un nouveau maître. Les Chambres désignèrent Louis-Philippe d’Orléans en tant que roi-citoyen, compromis idéal entre la couronne de l’Ancien Régime et un pouvoir populaire. Les anciens symboles, tel le drapeau tricolore, reprirent vie. L’on reparla d’arbres de la Liberté et quelques spécimens furent
plantés ! Héritage révolutionnaire oblige… La tradition « arboricole » reprenait, de manière certes éphémère, ses anciens droits.

LA MODE RÉVOLUTIONNAIRE REVIENT…
Cependant, après quelques années de pouvoir, le régime dériva insensiblement vers la persécution politique. Plusieurs révoltes furent durement réprimées, annihilant l’estime qu’éprouvaient les Français envers Louis-Philippe. Celui-ci négligea trop les espoirs du peuple et de la petite bourgeoisie. Dès le milieu des années 1840, la crise économique menaçait, le désordre social s’installa dans le pays, affaiblissant l’autorité d’un souverain inconscient de la ruine qui guettait son trône.
Le 22 février 1848, un enchaînement d’incidents déclencha un vaste mouvement révolutionnaire embrasant tout le pays. Des émeutes rurales majeures firent échos aux mouvements ouvriers parisiens. Louis-Philippe abdiqua, un gouvernement provisoire, inspiré de l’idéal
républicain, fut rapidement nommé. Parmi la multitude des symboles brandis pendant cette révolution, l’arbre de la Liberté, par sa forte charge emblématique, illustra parfaitement la filiation idéologique du soulèvement de 1848 avec la révolution de 1789. Droits de l’homme,
espoirs égalitaires et liberté n’étaient-ils pas le trait commun à ces événements ?
Une frénésie de plantation d’arbres de la Liberté salua donc la fin de la monarchie de Juillet mais surtout la naissance d’une nouvelle république. Tout au long du printemps 1848, de tous côtés, s’élevèrent à nouveau chênes, tilleuls, ormes ou peupliers, laissant à croire à la reforestation prochaine de la capitale et des grandes cités françaises !
Le moindre établissement public, jardin d’enfant, square ou marché reçut son arbre de la Liberté. Le dimanche des Rameaux, cette année-là, fut particulièrement riche en « reboisement citoyen ». La nouvelle révolution n’étant pas anticléricale, les hommes d’Église s’impliquèrent fréquemment dans ces manifestations populaires, bénissant à tout va les mises en terre de nouveaux plants !
Une manière comme une autre d’affirmer leur soutien au mouvement prolétarien et à la République. Ces manifestations reprenaient une tournure grandiose : à Givors, dans le Rhône, un gigantesque peuplier d’Italie fit l’objet de toutes les attentions. Amené en grandes
pompes au rythme de la fanfare, encadré par une compagnie de la Garde Nationale, l’arbre fut planté sous les hourras de la population.
Alors que les enfants accrochaient rubans et guirlandes, un vétéran de 1789 évoqua ses souvenirs « révolutionnaires », suivis par des acclamations, festivités et bal populaire.
D’autres villes organisèrent défilés, banquets et feux d’artifice. Étaient conviés clergé, garde nationale et garnisons militaires !
Nos ancêtres se remirent donc à espérer et à croire en un avenir meilleur tout en dansant autour de ces arbres, adulés comme les nouveaux héros d’une mythologie moderne qu’il restait encore à écrire.

L’ARBRE SE MEURT
Après quelques semaines d’incertitudes, en décembre de la même année, Louis Napoléon fut élu président de la République. Six mois plus tard, suite aux élections législatives de mai 1849, le triomphe du « parti de l’Ordre » porta néanmoins d’anciens monarchistes au pouvoir.
Dès lors, de nouveaux préfets furent nommés.
Soutenus par le pouvoir exécutif, ils s’attaquèrent immédiatement aux symboles révolutionnaires, encore à la mode deux années auparavant ! Les arbres de la Liberté en firent les frais ! Le 10 avril 1851, une circulaire ministérielle, signée de la main de Léon Faucher le bien nommé, ministre de l’Intérieur, « faucha » des milliers d’arbres. En effet, tous les maires de France se voyaient obligés de faire arracher arbustes et baliveaux du printemps 48 ! Certains préfets, par trop zélés, vinrent eux-mêmes porter les coups de la « hache répressive » aux troncs républicains.


En même temps que les arbres, tombaient les libertés individuelles : danses et chants patriotiques, cortèges et processions furent interdits. Le peuple ne resta pas indifférent à cette hécatombe. Une contre-réaction ne se fit pas attendre : de nouveaux arbres furent érigés clandestinement, la résistance à l’abattage s’organisa, plusieurs élus locaux se refusèrent au rôle impopulaire de « bourreau
de l’espérance ». L’opinion fit feu de tout bois, mais malgré les objections et les ripostes pacifiques, rien ne put arrêter le défrichement radical ordonné par les autorités de l’État.
Certains arbres furent néanmoins sauvés et cachés aux fins fonds des bans communaux ou chez des particuliers, révélant ainsi l’esprit
frondeur de tout un peuple. Il faut soulignerque nos archives révèlent plusieurs cas où les forces de police furent confrontées à des citoyens s’opposant au déracinement d’un arbre de la Liberté, devenu hors-la-loi aux yeux du pouvoir. Lorsque Napoléon III prit le
pouvoir par le coup d’État de décembre 1851, il ordonna à son tour l’arrachage de tous les vestiges de la Seconde République, arbres
de la Liberté en tête !
En 1870, on planta à nouveau quelques arbres de la Liberté à l’occasion de la proclamation de la nouvelle République, mais la défaite de Sedan ternissait hélas toute velléité festive.
La tradition, peu à peu, perdit de son attrait, allant jusqu’à disparaître.

Nos aïeux eurent souvent affaire aux arbres de la Liberté, toutes les grandes heures du XIXe siècle ayant eu, à différents degrés, besoin d’un symbole durable dans l’espace et le temps, plongeant ses racines dans le subconscient commun de tout un peuple. Inscrit dans la mémoire collective de nos pères, tour à tour emblème révolutionnaire et figure de proue des mouvements populaires, l’arbre de la Liberté était la représentation parfaite de toutes les espérances de nos ancêtres !













Plantation d'un arbre de la liberté, 14 juillet 1790, le jour de la fête de la Fédération


QUELQUES ANECDOTES

• Dès 1765, les indépendantistes américains et leurs partisans se réunissaient régulièrement dans la ville de Boston, sous un orme qui fut bientôt réputé dans tout le pays. Les Anglais le firent couper dès les premiers coups de canons de la guerre d’Indépendance. Lorsque le Général Washington rentra victorieux dans la ville, il se fi t montrer le lieu de l’outrage.


Chaque état souhaita récupérer les rejetons de cet arbre emblématique…
• Entre 1790 et 1794, plus de 60 000 arbres de la Liberté furent plantés en France !


• Le 5 septembre 1793, neuf personnes furent condamnées à mort pour avoir scié un arbre de la Liberté à Rouen.


• Parue en 1794, une strophe peu connue de la Marseillaise fut proposée :
Arbre chéri, deviens le gage
De notre espoir et de nos voeux ;

Puisses-tu fleurir d’âge en âge
Et couvrir nos derniers neveux !
Que sous ton ombre hospitalière,
Le vieux guerrier trouve un abri
Que le pauvre y trouve un ami
Que tout Français y trouve un frère
Aux armes citoyens…


• Le 22 mai 1848, les autorités martiniquaises furent contraintes de proclamer l’émancipation
des esclaves avant même l’application du décret d’abolition de l’esclavage, présenté par le député alsacien Victor Schoelcher. Des arbres furent plantés et l’on enfouit dans leurs racines les chaînes et les carcans des anciens proscrits.
• En Suisse, Vaudois et Valaisans s’inspirèrent des arbres de la Liberté pour symboliser leur « indépendance toute fraîche » ! C’était en 1798.

Victor HUGO

Le 2 mars 1848, Victor Hugo prononça un discours pour célébrer la proclamation de la Seconde République. La plantation d’un arbre de la Liberté, place des Vosges, à Paris, fut pour lui l’occasion d’exprimer son soutien à la seconde République :

« C’est avec joie que je me rends à l’appel de mes concitoyens et que je viens saluer au milieu d’eux les espérances d’émancipation, d’ordre et de paix qui vont germer, mêlées aux racines de cet arbre de la Liberté. C’est un beau et vrai symbole pour la liberté qu’un arbre ! La liberté a ses racines dans le coeur du peuple, comme l’arbre dans le coeur de la terre ; comme l’arbre, elle élève et déploie ses rameaux dans le ciel ; comme l’arbre, elle grandit sans cesse et couvre des générations de son ombre. Le premier arbre de la Liberté a été planté, il y a dix-huit cents ans, par Dieu lui-même sur le Golgotha. Le premier arbre de la Liberté, c’est cette croix sur laquelle Jésus-Christ s’est offert en sacrifi ce pour la liberté, l’égalité et la fraternité du genre humain.

La signification de cet arbre n’a point changé depuis dix-huit siècles ; seulement, ne l’oublions pas, à temps nouveaux devoirs nouveaux ; la Révolution que nos pères on faite il y a soixante ans a été grande par la guerre ; la révolution que vous faites aujourd’hui doit être grande par la paix.
La première a détruit, la deuxième doit organiser. L’oeuvre d’organisation est le complément nécessaire de l’oeuvre de destruction ; c’est là que se rattache intimement 1848 à 1789.
Fonder, créer, produire, pacifier ; satisfaire a tous les droits, développer tous les grands instincts de l’homme, pourvoir à tous les besoins de la société : voilà la tâche de l’avenir. Or, dans les temps où nous sommes, l’avenir vient vite. On pourrait presque dire que l’avenir n’est plus demain, il commence dès aujourd’hui. À l’oeuvre, travailleurs par le bras, travailleurs par l’intelligence, vous tous qui m’écoutez et qui m’entourez ! Mettez à fi n cette grande oeuvre de
l’organisation fraternelle de tous les peuples, conduis au même bu, rattachés à la même idée, et vivant du même coeur.
Soyons tous des hommes de bonne volonté, ne ménageons ni nos peines, ni nos sueurs. Répandons sur le peuple qui nous entoure, et de là sur le monde entier, la sympathie, la charité et la fraternité. Depuis trois siècles, la France est la première des nations, et savez-vous ce que veut dire ce mot, la première des nations ? Ce mot veut dire la plus grande ; ce mot veut aussi dire la meilleure.
Mes amis, mes frères, mes concitoyens, établissons dans le monde entier, par la grandeur de nos exemples, l’empire de nos idées ! Que chaque nation soit heureuse et fière de ressembler à la France !
Unissons-nous dans une pensée commune et répétez avec moi ce cri : Vive la liberté universelle ! Vive la République
universelle ! »

[Christian Friedrich
Votre Généalogie n° 17]

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merci! un article d'une grande intelligence, d'une précision historique intéressante qui suscite un vif intérêt.

 
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C'est l'article de M.

C'est l'article de M. Friedrich paru dans VG n° 17. Nous ne pouvons pas le dénaturer en publiant des extraits.

 

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