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L’affaire Troppman - raconté par Paul Povoas

Parmi les distractions de nos aïeux, l’une d’entre elles suscitait un intérêt  particulier : les faits divers décrits par la presse, lus, racontés à haute voix dans les lieux publics ou simplement évoqué au sein des foyers, passionnaient les gens de toute classe sociale. Au milieu de ces événements variés, les crimes tenaient une place toute particulière. Certains d’entre eux ont marqué les mémoires populaires, telle la plus grande affaire criminelle du XIXème siècle qui tint en haleine des millions de personnes à travers la France et l’Europe entière. Un crime extrêmement riche en rebondissements : l’Affaire Troppman, que nous allons évoquer ici, un peu à la manière des chroniqueurs de l’époque.

Tout commence le 20 septembre 1869 quand un cultivateur découvre un cadavre dans un champ, à Pantin, en banlieue parisienne alors très rurale.  La terre forme un monticule en bordure d’un champ de luzerne et des traces de sang ont attiré son attention. Un coup de bêche confirme son macabre découverte. La police est alertée au plus vite. A la découverte  d’un cadavre, succède celle d’un autre cadavre. Apparaissent successivement les corps d’un petit garçon de 5 ans, puis d’un autre d’une dizaine d’années, celui d’une petite fille et enfin d’une femme, des corps encore tièdes, mutilés. Les badauds arrivés sont repoussés par des soldats, tous sont horrifiés par ce véritable massacre. Le drame semble s’être déroulé dans la nuit et la vue de ces êtres poignardés, étranglés égorgés et frappés à coups de pelle et de pioche est insupportable. La pauvre femme a même été éventrée et l’on découvre ainsi qu’elle était enceinte. Les soldats continuent leurs recherches et découvrent les cadavres de deux autres enfants : deux garçons de huit et quatorze-quinze ans, totalisant ainsi six victimes.

La nouvelle se répand rapidement et suscite notamment une grande émotion à Paris, faisant passer les préoccupations internationales, notamment avec la Prusse au second plan. Le tirage des quotidiens atteint des records.

L’enquête permet d’identifier les victimes : il s’agit de la famille Kinck, originaire de Roubaix dans le Nord. La dame retrouvée était l’épouse de Jean Kinck mais nul ne trouve trace de son mari ni du fils aîné : Gustave. L’enquête se poursuit et révèle peu à peu que la femme est arrivée la veille de Roubaix par le train avec ses cinq enfants et qu’elle s’est rendue dans un hôtel où devait séjourner son mari … mais il était absent. Le réceptionniste témoigne et reconnaît les corps à la morgue. Le mari et le fils aîné se trouvent naturellement en tête de la liste des suspects mais il ressort vite que le mari a été vu pour la dernière fois en Alsace en compagnie d’un jeune homme. Gustave est donc très fortement soupçonné et les enquêteurs pensent que c’est lui qui s’est inscrit à l’hôtel sous le nom de son père.

Un cocher vient également attester qu’il a emmené Madame Kinck et ses enfants de la Gare du Nord à Pantin, accompagnés d’un homme jeune à l’accent alsacien. Les voyageurs étaient descendus en deux fois, d’abord la mère avec deux enfants et le jeune homme, puis ce dernier était revenu chercher les autres enfants qui avaient déclaré au cocher qu’il s’agissait d’un grand ami, comme un parent. Les enquêteurs concluent qu’il ne peut s’agir de leur frère Gustave, toujours introuvable.

La presse continue à relayer cette histoire et la population suit avec beaucoup d’intérêt l’enquête. On ira même jusqu’à dire que ce prétendu crime avait été orchestré par la police impériale pour occuper l’opinion publique et la détourner des bruits de guerre et des troubles en Espagne.

Le coupable est recherché dans tout le pays et même à l’étranger et l’affaire continue de faire grand bruit dans la presse. On finit par arrêter au Havre, un homme n’ayant pu fournir ses papiers, qui s’est enfui, a failli mourir en sautant à l’eau. L’on découvre sur lui diverses choses dont un couteau et une assez grande quantité de factures, de créances et de titres au nom de Jean Kinck.  Les journaux titrent « Jean Kinck a été arrêté! » mais bientôt l’information est démentie par un sensationnel coup de théâtre : il s’agit en réalité de Jean-Baptiste Troppman.

De ce fait, on en arrive à la conclusion que Jean Kinck a vraisemblablement été également assassiné. Troppman raconte divers scénariiet s’attribue Jean et Gustave Kinck comme complices. Néanmoins, l’affaire connaît un nouveau rebondissement : un homme trouve à Pantin, dans le même champ, un autre cadavre qui sera identifié comme étant Gustave mort avant sa mère et ses frères et sœur, Gustave septième victime. Avec un certain aplomb, Troppman déclarera que Jean Kinck a dû faire disparaître le témoin gênant qu’était devenu son fils. Le suspect est par ailleurs reconnu par le réceptionniste de l’hôtel pour s’être fait passer pour Jean Kinck, par le cocher comme accompagnateur de Madame Kinck et de ses enfants (le fameux homme à l’accent alsacien) ainsi d’ailleurs que par le quincaillier qui lui a vendu la pelle et la pioche.

Le déroulement des faits apparaît alors plus clairement, Troppman, pauvre et avide d’argent , alsacien comme Jean Kinck et résidant à Roubaix, arrive à capter la confiance du père de famille. Ils aiment parler du pays et Troppman lui propose d’aller en Alsace visiter un bien à bas prix. Il l’entraîne ainsi loin de Paris et l’empoisonne avec un verre de vin agrémenté d’acide prussique. Puis, il attire Mme Kinck à Paris par une lettre dans laquelle il déclare écrire pour Jean qui s’est blessé à la main et lui demande d’encaisser des chèques pour lui uisqu’il a besoin de liquidités pour payer le bien. Elle s’exécute avec une certaine naïveté, ne sachant ni lire ni écrire comme bien des gens à cette époque  et envoie donc le montant par la poste en Alsace. Mais le receveur refuse de remettre la lettre à Troppman qui ne peut justifier de son identité. Toujours sous le prétexte de cette main blessée, le suspect écrit, pour Jean, à Gustave de venir retirer la lettre à Guebwiller pour lui. Mais l’employé, toujours zélé, refuse de la lui remettre, faute de procuration en bonne et due forme. Gustave arrive donc sans argent à Paris où l’attend Troppman qui s’est éloigné de l’Alsace. Il n’est plus d’aucune utilité à Troppman qui l’emmène à Pantin sous un quelconque prétexte, le tue et l’enterre dans un champ. Toujours sollicitée par ce sinistre personnage , Madame Kinck arrivera un peu plus tard à Paris avec tout l’argent qu’elle a pu rassembler et ses cinq enfants. L’histoire se termina par le carnage évoqué plus haut : la mère tuée d’un coup de poignard, les deux premiers enfants égorgés et ensuite les autres enfants : l’un égorgé par un couteau, l’autre étranglé avec son foulard, le dernier assommé par la pelle et la pioche qui serviront aussi à défigurer tout le monde.


Troppman est confondu… il continue cependant à nier, à parler de complices potentiels et autres fables pour attendrir la justice et égarer les enquêteurs. Sur le plan juridique, la complicité peut atténuer la peine, il tente donc ce mode de défense. Il ira jusqu’à dire qu’il atenté de renflouer son père ruiné !

Sur ses indications mais avec quelques difficultés, le corps de Jean Kinck, le père de famille est retrouvé à Guebwiller le 22 novembre. Ses sœurs, habitant la région, le reconnaîtront. C’est le huitième membre assassiné de cette famille !

Troppman utilise de nombreux arguments pour se défendre, atténuer sa peine, il va jusqu’à évoquer une rocambolesque affaire d’espions allemands qui ébranla un peu l’opinion publique. Tout repose sur le fait qu’un homme seul ne pouvait tuer autant de personnes ensemble (la mère et ses enfants) et creuser des fosses pour les enterrer. Durant son emprisonnement, l’accusé écrit beaucoup, des lettres illustrées de dessins maladroits qui ne parvinrent pas aux destinataires mais restèrent dans les dossiers de l’affaire.

Fin 1869, Troppman est condamné à mort. Néanmoins son exécution, au début de l’année suivante soient 19 jours après le verdict, déplace des foules : quelques quinze à vingt mille curieux y assistent et un grand dîner conviant des personnalités est même donné par le directeur de la prison. L’événement est assez révélateur de la force surhumaine qui peut habiter le condamné : brutalement, il se met à lutter contre son bourreau alors qu’il est sur l’échafaud, faisant preuve d’une force et d’une souplesse extraordinaires et allant jusqu’à, fait assez exceptionnel, mordre violemment son bourreau.

Si vos pas vous amènent à Tourcoing, n’hésitez à rendre visite au monument funéraire de la famille Kinck, actuellement situé dans le cimetière du Pont de Neuville. Il fut offert par la ville : les noms des parents et de leurs  enfants y sont gravés, avec leur âge au moment du décès. Le faire-part de décès ne pouvait évoquer le père, dont le corps n’avait pas encore été découvert et nous supposons qu’il fut enterré près des siens en Alsace. Le massacre de ces pauvres gens avait mis des millions de personnes en émoi, et, le 1eroctobre 1869, quelques 60 000 personnes avaient assisté à leurs funérailles avec des drapeaux en berne : les corps avaient été ramenés par chemin de fer de Paris dans un wagon tendu de noir. Des étrangers étaient venus spécialement des Pays Bas, de Belgique ou du Luxembourg et même d’Angleterre pour suivre la cérémonie, tant l’histoire avait passionné les foules. Maintenant ils sont oubliés de tous alors que le nom de Troppman est très évocateur pour les spécialistes en criminologie. 

Ce monstre avait 20 ans au moment des faits !

 

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Madame, Monsieur,Je n'arrive

Madame, Monsieur,

Je n'arrive pas a ouvrir les champs concernant l'affaire TROPPMAN, je suis un descendant de la Famille KINCK. D'ailleurs un monument funébre est entretenu par la municipalité de Tourcoing dans le Nord. De mon coté, je suis remonté au niveau de l'arbre généalogique depuis 1779.

Merci de me répondre.

CHRISTIAN KINCK

 
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Bonjour ChristianComment se

Bonjour Christian
Comment se fait-il que vous ne parvenez pas à lire l'article ? Est-ce bien le cas ?
Vous pouvez m'écrire à paul@votre-genealogie.fr

Bien cordialement

Paul Povoas
www.votre-genealogie.fr

 
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Je suis un Kinck d'une autre

Je suis un Kinck d'une autre branche selon mon arbre généalogique (depuis 1789 environ)

Je souhaite avoir plus d'informations sur le massacre de la famille KINCK à Pantin.

Il s'agit de l'affaire TROMANN!!!

Les faits s'avérent peut être d'un ordre politique et d'une découverte importante avant 1870!

Merci de me répondre,

Christian KINCK

né le 23 janvier 1956 à Mons en Baroeul (nord)

 
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Je suis un Kinck d'une autre

Je suis un Kinck d'une autre branche selon mon arbre généalogique (depuis 1789 environ)

Je souhaite avoir plus d'informations sur le massacre de la famille KINCK à Pantin.

Il s'agit de l'affaire TROMANN!!!

Les faits s'avérent peut être d'un ordre politique et d'une découverte importante avant 1870!

Merci de me répondre,

Christian KINCK

né le 23 janvier 1956 à Mons en Baroeul (nord)

 

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