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Introduction à la paléographie moderne - par Paul Povoas

De l’écriture cunéiforme du 3 ème millénaire avant notre ère, à l’écriture moderne, bien des scientifiques se sont attachés à en interpréter leurs sens et significations lorsque ces mêmes textes étaient incompréhensibles, du fait de la disparition de certaines civilisations, ou plus proches de nous, du fait que les langues usitées étaient bien moins pratiquées.  Les traductions de tablettes d’argile de l’époque babylonienne, ou les papyrus égyptiens, les stèles et parchemins grecques ou romains, par exemple, ont longtemps suscité chez les érudits scientifiques un  attrait incontestable pour définir ce que l’histoire a laissé en témoignage. 
Que ces spécialistes attelés de patience et de rigueur s’attachent à apporter à la science, avec leurs travaux,  une meilleure compréhension de ces témoignages.

A moindres difficultés, entrant dans un contexte beaucoup plus modeste, le chercheur moderne de nos salles de lecture des archives départementales et communales, des bibliothèques et autres lieux conservatoires, celui ci s’ouvre passionnément et bien souvent en autodidacte à un patrimoine riche, abondant et variés dans sa nature. Nous parlons par là des fonds d’archives qui, longtemps réservés à une élite d’érudits, de professeurs et de religieux séculiers, constituent l’héritage laissé après la Révolution française. Ces masses de documents papier et parcheminés, issues des administrations royales, paroissiales et juridictions locales, offrent au public de larges possibilités de découvrir son passé, ses coutumes, ses institutions, ses contrats et bien entendu, ses ancêtres. La consultation de ces fonds, entreprise aux archives départementales et communales, par exemple, nous confrontent bien sûr aux nombreuses difficultés rencontrées dans la recherche en général. Depuis la création des archives publiques sous la Révolution, les différents conservateurs et archivistes se sont donnés pour mission d’organiser les archives, et d’en établir une classification bien  déterminée. La création de fichiers, le dressage de répertoires entraînant par là l’analyse de milliers de pièces d’archives ont permis d’ouvrir l’accès à un  public de chercheurs de tous ces fonds et ou d’en voir la communication davantage contrôlée.

Evoquons donc de ce chercheur, qu’on dénommera en un lecteur à part entière, puisqu’il est un consommateur de documents, à savoir celui à qui on communique un ou plusieurs documents, sous la forme de livres, registres, liasses, parchemins et plus récemment, support microfilmé et microfiches.

La consultation des archives, laissée libres d’accès au grand public sans conditions particulières sinon par le respect du règlement intérieur de l’organisme conservant, a considérablement augmenté durant ces trente ou quarante dernières années. Les goûts et passions engendrées par la recherche généalogique, en particulier, ont ouvert chez de nombreux lecteurs aussi le goût de la recherche historique et par là a impliqué un développement considérable de l’activité culturelle associative.
Les fonds d’archives, et leur diversité, sont parcourus, lus et manipulés par ces lecteurs, mais l’étude et la compréhension des documents ouvrent par-là à se poser une question fondamentale au sein même du public lecteur : la compréhension, l’interprétation et le dépouillement des documents.

Les recherches au sein même des services d’archives sont certes complexes. On l’apprend déjà par la diversité des fonds, séries et les méandres de nombreux répertoires et sous-répertoires, bien souvent classés sous la forme de fichiers.  Le lecteur est confronté aussi au problème essentiel qui retient toute notre attention : la lecture des textes et déchiffrages des écritures anciennes, révolus, quoique parfois issues de la même langue, quand on évoque le français bien entendu. Le latin ne reste usité dans les documents en provenance des institutions religieuses, et passe au XVII ème siècle comme un mode d’expression écrite beaucoup moins appliquée. 

L’usage du français, communément appelé « vieux français » par les lecteurs, dans les manuscrits anciens, ou écrit en « vieux style » en faisant allusion à ce qui se disait d’avant l’époque révolutionnaire, a connu au cours des siècles des mutations considérables dans le sens et la signification des mots. 
Cela dit, si les mots changent, leur orthographe et par conséquent, leur compréhension tend à compliquer le travail du lecteur, dont seule l’attention et l’insistance, et parfois les conseils avisés d’un adepte plus avertis, permet de connaître l’interprétation finale du texte et par là, la réponse à la recherche ou l’élément indispensable à la poursuite d’une étude.

Une initiation s’impose donc avec une approche méthodologique bien particulière : la paléographie est cette science qui permet la transcription d’un texte ancien en un texte clair, compréhensible et surtout dactylographié. Or, il s’avère qu’aucun outil pédagogique n’est disponible efficacement pour apprendre la transcription de ces écrits.  L’usage intensif de la cursive entre les XVI ème et XVII ème siècles, ont rendu encore plus difficile la tâche des chercheurs. D’un mode d’écriture comme la cursive, dont la tradition s’est perdue au XVIII ème siècle, avec ses abréviations régulières bien définies, le Moyen-Age, contrairement aux idées reçues, a laissé en héritage une masse de documents moins abondante cela dû  à une production bien moindre, vu le caractère officiel que revêtaient de tels documents, en raison de l’usage parfois exclusif du parchemin, rendant difficiles la production en quantité d’actes, minutes et documents administratifs, fiscaux et religieux.

L’usage du papier s’est démocratisé les siècles suivants, et par là, un besoin d’écrits s’est ressenti grâce à  l’importance de la preuve écrite.  La vulgarisation du papier a engendré une masse de documents abondantes provenant des administrations civiles, des offices royaux et bien entendu, la consignation des actes religieux sur des registres paroissiaux, nettement répandue vers la moitié du XVII ème siècle, quoique l’édit de Villers Cotterêt,  en instaurant la tenue de registres de baptêmes, en 1539, par exemple, n’ait pas été respecté.
Qui dit donc abondance et production de documents à partir du XVI ème siècle prétextent une évolution dans le mode d’expression écrite : la nécessité de produire en quantité, et surtout quotidiennement étant donné les besoins consentis pour les actes de la vie courante, pour les minutes, et les procédures judiciaires, par exemple, toute consignées sur du papier, brochées et reliée en registres, ou liasses, démontrent par là que l’écriture s’est transformée ; elle s’est même vulgarisée, au sens même étymologiques, où il se définit par « commun ». 

Les chercheurs modernes, loin à l’idée d’être de parfaits connaisseurs de la cursive des XVI ème et XVII ème siècles, du moins, les débutants, ne se vantent guère d’en être des lecteurs confirmés. L’expérience parle d’elle même, puisque aucun manuel de paléographie,  ou cours dispensés par des professeurs émérites, ne peuvent apporter la parfaite connaissance de ce mode d’expression écrite. Le travail à même les archives, les dépouillements, les transcriptions et par conséquent une familiarisation des écrits sont par là la seule méthode d’acquisitions indiscutablement efficaces. Un travail sérieux de fonds s’imposent pour ces chercheurs, et une appréhension des noms, patronymes, lieux dits et localités, apporte là un besoin sans conteste de savoir où l’on est, et dans quelle entité territoriale le texte ancien fait allusion. Il est clair qu’un spécialiste habitué aux écrits de Bretagne, n’aura pas forcément une certaine aisance à lire les textes en provenance d’autres régions. La connaissance de l’onomastique, de la toponymie et par extension des noms propres, est une évidente raison prouvant par là que l’investissement personnel, la persistance, peut seul lui forger l’expérience et un savoir faire indiscutable qui étonnera bien des novices à qui le chercheur pourra lui donner la solution.

Parler de méthode en paléographie moderne, est indiscutable : nous savons que le travail personnel engendre des acquis considérables. La méthode pédagogique appliquée à la lecture du texte ancien est bien plus complexe qu’on ne le pense :
Les manuels d’initiation à la paléographie sont certes des outils pour élaborer une forme de connaissance restrictive mais n’apportent qu’une vague idée si l’adepte s’attache à n’aborder que l’aspect proposée par l’initiateur paléographe au moyen d’exercices et de transcriptions linéaires de ces mêmes textes. 
La manipulation du document même reste la seule méthode d’acquisition infaillible : le feuilletage de registres et la consultation de liasses et minutes, sont un exercice long si l’on s’attache à en lire le contenu consciencieusement, il reste néanmoins la méthode du « survolage », qui consiste à capter les éléments essentiels du contenu d’un document, à savoir la datation, la nature, et les éléments en présence. Ce travail va de soi s’il s’agit d’un travail de recherches et de pointage. La découverte des documents, un à un, et l’analyse rapide du contenu, est sans conteste une excellente technique de familiarisation de la cursive classique. Des années de pratique, de lecture, et de méthode d’acquisition feront du lecteur un avide connaisseur désormais assis sur un confortable siège et dont presque tous les documents de cette époque lui seront « ouverts » à son grand plaisir.

La paléographie est une science, comme on l’a dit plus haut, qui consiste en la transcription des écritures anciennes ; elle est toutefois une science exacte où n’a pas de place « l’à peu près » ou l’inexact. En effet, la transcription d’un document reste l’exercice le plus fastidieux puisqu’il exige la « traduction » littérale du texte dans sa langue d’origine, dans son orthographe et sa conjugaison comme il est défini in texto.  Un contexte difficile à apprécier tant la tâche est pénible, voire rébarbative. 
Néanmoins, cette mission est attachée au principe qu’un texte ancien, transcrit entièrement, permet de développer un art de « redonner vie » à un document et de le rendre exploitable en vue d’une étude historique, et d’en définir par là les éléments contenus pour lancer des interprétations, voire des découvertes essentielles. 

Comment définir par là les raisons d’un public sans cesse croissant, parfois curieux ou scrupuleux  à arracher au passé une vérité, une anecdote ou un fait permettant de remettre en question des dires ou simplement des récits mal interprétés avec les décennies voire les siècles.  La recherche moderne a sans conteste brisé grâce à la paléographie, aux hommes et femmes, attachés à cette lourde mission  du classement, de l’analyse systématique ou restreinte, et par conséquent la mise en valeur d’un fond, d’une série, d’une côte en la rendant accessible au commun public.   De ce fait, succèderont chez ces derniers un intérêt et des passions à s’investir aux dépouillements des documents d’archives, tout cela fait dans un esprit fondé sur l’intérêt public et un total désintéressement.

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